Aller au contenu
Juridique

Comment rédiger la clause ticket restaurant du contrat ?

10 min de lecture

Par Thomas, fondateur d’ID Entreprises

Gros plan de mains tenant un bon cadeau enveloppé dans du papier à pois rouges et un ruban vert

✓ Les infos à retenir

  • Une clause ticket restaurant n’est pas légalement obligatoire, sauf si un accord d’entreprise, une convention collective ou un usage établi la rend obligatoire dans votre entreprise.
  • La part employeur doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur du titre et ne pas dépasser 7,32 € en 2026 pour être exonérée de cotisations (URSSAF).
  • Vous fixez librement la valeur du titre ; la part patronale est exonérée jusqu’à 7,32  par titre, ce qui correspond à un titre de 12,20  financé à 60  ou de 14,64  financé à 50  (URSSAF, 2026).
  • Le titre existe sous forme de carte ou de papier (URSSAF), et c’est la CNTR qui délivre aux restaurateurs et aux commerçants l’autorisation de l’accepter.
  • Une fois qu’un usage de tickets restaurant est instauré dans l’entreprise, l’employeur ne peut pas le supprimer unilatéralement sans respecter une procédure formelle de dénonciation.

Qu’est-ce qu’une clause dans un contrat de travail ?

Une clause est une disposition particulière insérée dans un contrat de travail pour encadrer un aspect spécifique de la relation entre l’employeur et le salarié. Elle peut porter sur n’importe quel avantage accordé par l’entreprise, et les tickets restaurant en font partie.

On distingue trois types de clauses :

  • Les clauses obligatoires : imposées par la loi ou la convention collective applicable.
  • Les clauses facultatives : librement négociées entre les parties (c’est souvent le cas pour les titres-restaurant).
  • Les clauses interdites : celles qui contreviennent à l’ordre public ou portent atteinte aux droits fondamentaux du salarié.

La clause ticket restaurant entre généralement dans la catégorie facultative… sauf si un accord d’entreprise, une convention collective ou un usage établi dans la société rend son attribution obligatoire.

💡 Une clause ticket restaurant dans le contrat de travail n’est pas légalement obligatoire, mais dès lors qu’un usage est instauré dans l’entreprise, l’employeur ne peut plus le supprimer unilatéralement sans respecter une procédure stricte de dénonciation.

Modèle de clause ticket restaurant dans un contrat de travail

Pourquoi formaliser la mise en place des titres-restaurant par une clause ?

Tu pourrais te demander si c’est vraiment utile de le préciser dans le contrat. La réponse est oui, et voici pourquoi !

A LIRE AUSSI :  Convention Collective Nationale : pourquoi est-elle si déterminante pour les salariés et les employeurs ?

Formaliser l’attribution des titres-restaurant dans le contrat de travail, c’est avant tout une question de sécurité juridique. Si rien n’est écrit, les conditions d’attribution peuvent faire l’objet de litiges. En cas de contentieux devant le Conseil de prud’hommes, l’absence de clause peut jouer en défaveur de l’employeur.

Une clause bien rédigée permet aussi de fixer clairement la valeur faciale du titre, la répartition entre part employeur et part salarié, ainsi que les conditions d’exclusion (congés, arrêts maladie, absences injustifiées…).

Les avantages côté employeur

Au-delà de la sécurité juridique, intégrer une clause ticket restaurant dans le contrat de travail renforce l’attractivité de l’offre employeur. Dans un contexte de guerre des talents, ce type d’avantage social fait la différence lors d’un recrutement.

Les avantages côté salarié

Pour le salarié, la clause garantit la transparence sur ses droits. Il sait exactement à combien s’élève sa participation, quand il peut bénéficier des titres, et dans quels cas il ne les percevra pas. Moins d’ambiguïté, moins de friction !

Modèle de clause ticket restaurant dans le contrat de travail

Voici un exemple de rédaction que tu peux adapter à la situation de ton entreprise. Il n’existe pas de modèle officiel imposé par la loi, mais certains éléments sont fortement recommandés pour que la clause soit complète et opposable.

Exemple de clause standard

📝 Clause titre-restaurant

« Dans le cadre de l’exécution de son contrat de travail, le salarié bénéficiera de titres-restaurant d’une valeur faciale de [X] euros par jour de travail effectif.

La participation de l’employeur s’élève à [X] % de la valeur faciale, soit [X] euros, la part restante étant à la charge du salarié.

Les titres-restaurant sont attribués pour les jours de travail effectif incluant une pause repas. Ils ne seront pas accordés en cas d’absence du salarié, quelle qu’en soit la cause (congés payés, arrêt maladie, RTT, jours fériés chômés, etc.).

Les présentes modalités pourront être modifiées par voie d’avenant, dans le respect des dispositions légales et conventionnelles en vigueur. »

Exemple de clause adaptée au télétravail

Depuis la généralisation du télétravail, la question des titres-restaurant pour les salariés travaillant depuis chez eux a suscité de nombreux débats. Selon l’URSSAF, l’employeur peut remettre un titre-restaurant par jour de travail ou de télétravail, à condition que le repas soit compris dans l’horaire de travail journalier.

Pour clarifier la situation, tu peux ajouter une mention spécifique :

« En cas de journée de télétravail incluant une pause déjeuner, le salarié bénéficiera des mêmes conditions d’attribution de titres-restaurant que lors d’une journée de travail en présentiel, conformément au principe d’égalité de traitement. »

Exemple de clause ticket restaurant pour contrat de travail

Comment définir le montant des tickets restaurant ?

La valeur faciale d’un titre-restaurant est librement fixée par l’employeur, mais elle doit respecter certaines règles pour que l’avantage soit exonéré de cotisations sociales.

Voici le tableau des règles de répartition à respecter pour bénéficier des exonérations URSSAF :

Critère Règle applicable
Part employeur Entre 50 % et 60 % de la valeur faciale
Part salarié Entre 40 % et 50 % de la valeur faciale
Plafond d’exonération URSSAF 7,32 € de part patronale en 2026
Nombre de titres par jour 1 titre par jour de travail ou de télétravail, si le repas est compris dans l’horaire journalier
A LIRE AUSSI :  Qu'est-ce que la convention collective vente à distance ?

Si la participation de l’employeur dépasse le plafond fixé par l’URSSAF, la fraction excédentaire est soumise à cotisations sociales. Autrement dit, mieux vaut trouver le bon équilibre entre générosité employeur et optimisation des charges !

Quelle valeur de titre choisir ?

La valeur du titre est libre. En 2026, la part patronale est exonérée en totalité tant qu’elle reste entre 50  et 60  du titre et ne dépasse pas 7,32 . Ce plafond est atteint avec un titre de 12,20  financé à 60 , ou de 14,64  financé à 50 .

Les chiffres 2026 à reporter dans la clause

Point Valeur en 2026
Part employeur exonérée Entre 50 % et 60 % de la valeur du titre
Exonération maximale de la part patronale 7,32 €
Titre qui atteint ce maximum 12,20  à 60 , ou 14,64  à 50 

Un titre de 12 € financé à 60 % donne une part patronale de 7,20 €, soit sous le plafond de 7,32 €. Avec un titre de 14 € financé à 60 %, la part patronale monte à 8,40 € : la fraction au-delà de 7,32 € sort de l’exonération. Écrivez dans la clause la valeur du titre et la part de l’employeur en euros et en pourcentage, ce qui évite de réviser le contrat à chaque revalorisation du plafond.

Comment ajouter une clause ticket restaurant après la signature du contrat ?

Tu as signé les contrats de tes salariés sans penser à y intégrer une clause ticket restaurant, et tu souhaites maintenant formaliser cet avantage ? Pas de panique, c’est tout à fait possible !

Passer par un avenant au contrat de travail

La solution classique consiste à rédiger un avenant au contrat de travail. Cet avenant vient modifier ou compléter les dispositions du contrat initial. Il doit être signé par les deux parties : l’employeur et le salarié.

Un avenant doit mentionner clairement qu’il complète le contrat de travail initial, préciser la date d’entrée en vigueur, et reprendre les mêmes éléments qu’une clause classique (valeur faciale, répartition, conditions d’attribution). Dans certains cas, notamment en cas de contrat de travail non signé, il est particulièrement important de formaliser par écrit tous les avantages accordés pour éviter les contestations ultérieures.

Que se passe-t-il si le salarié refuse ?

Si la clause modifie le contrat à l’avantage du salarié (ce qui est le cas d’un nouvel avantage), le refus du salarié reste théoriquement possible. Dans la pratique, un salarié qui refuse un avantage supplémentaire, c’est rare ! Mais si cela arrive, l’employeur peut décider d’accorder l’avantage sans l’inscrire formellement au contrat, via une note de service ou un accord collectif.

Dans quels cas une clause ticket restaurant est-elle obligatoire ?

La clause ticket restaurant devient obligatoire dans plusieurs situations bien précises. L’employeur ne peut alors pas y échapper.

C’est notamment le cas lorsque :

  • La convention collective applicable à l’entreprise prévoit l’attribution de titres-restaurant.
  • Un accord d’entreprise ou un accord de branche impose cette obligation.
  • Un usage établi dans l’entreprise existe depuis suffisamment longtemps, est général et constant : dans ce cas, l’employeur ne peut pas le supprimer sans respecter une procédure formelle de dénonciation (information des représentants du personnel et des salariés, délai de prévenance).

À l’inverse, si aucune de ces conditions n’est remplie, l’attribution de tickets restaurant reste à la discrétion de l’employeur. Mais une fois qu’elle est instaurée, il faut être prudent avant de vouloir revenir en arrière !

A LIRE AUSSI :  Peut-on être licencié pendant un arrêt maladie pour dépression ?

Qu’est-ce que la Commission Nationale Titres-Restaurant (CNTR) ?

La Commission Nationale Titres-Restaurant, plus connue sous le sigle CNTR, est l’organisme paritaire chargé de superviser le fonctionnement du système des titres-restaurant en France. Elle regroupe des représentants des employeurs, des salariés, des restaurateurs et des émetteurs de titres.

Elle délivre et retire les autorisations d’accepter les titres, contrôle les émetteurs, les restaurateurs et les détaillants en fruits et légumes, informe le public, fait des propositions aux pouvoirs publics et assure la médiation entre les acteurs.

Pourquoi faire référence à la CNTR dans ta clause ?

Rien n’oblige à citer la CNTR dans la clause : il suffit de nommer l’émetteur retenu et le support (carte ou papier).

Modèle complet de clause ticket restaurant pour contrat de travail

Dimanches, jours fériés et absences

Selon l’URSSAF, les titres-restaurant ne sont en principe pas utilisables les dimanches et les jours fériés. L’employeur peut toutefois décider que les salariés qui travaillent ces jours-là puissent les utiliser. Les salariés absents (congés annuels, maladie) ne reçoivent pas de titres pour les jours d’absence.

Un titre sert à régler un repas, des préparations alimentaires directement consommables ou des fruits et légumes, et l’employeur n’en remet qu’un par jour de travail. Ces trois points se mettent facilement en clause : jours ouvrant droit au titre, usage les dimanches et jours fériés travaillés, et absences exclues.

Quelles sont les conditions d’attribution à préciser dans la clause ?

Une clause bien rédigée ne se contente pas d’indiquer la valeur du titre. Elle doit aussi encadrer précisément les conditions dans lesquelles les titres sont (ou ne sont pas) attribués.

Les cas d’exclusion classiques

Par défaut, les titres-restaurant ne sont pas dus pour les jours non travaillés. La clause doit le préciser explicitement pour éviter toute contestation. Les absences concernées incluent généralement les congés payés, les arrêts maladie, les jours de RTT, les jours fériés chômés et les absences non justifiées. Il est important de bien délimiter ces situations pour éviter les malentendus avec les salariés.

En cas de fermeture exceptionnelle imposée par l’employeur, il faut également clarifier si les salariés auront droit à leurs tickets restaurant ou à une compensation. Cette situation peut se présenter lors de fermetures liées à des circonstances extérieures, et la clause doit être suffisamment explicite pour couvrir ces cas particuliers.

Le cas des salariés à temps partiel

Un salarié à temps partiel a droit aux titres-restaurant, à condition que son temps de travail quotidien inclue une pause repas. Si un salarié travaille uniquement le matin, il ne peut pas prétendre à un titre pour cette journée. La clause peut utilement préciser cette condition pour les contrats à temps partiel.

Il est aussi judicieux de prévoir dans la clause comment les tickets restaurant seront traités fiscalement. Si vous souhaitez en savoir plus sur les implications fiscales, consultez notre guide sur la déclaration des tickets restaurant aux impôts, qui vous explique en détail les obligations légales et les meilleures pratiques.

Voilà, avec tous ces éléments, tu as tout ce qu’il te faut pour rédiger une clause ticket restaurant solide, conforme et adaptée à la réalité de ton entreprise ! 🎯

Questions fréquentes sur la clause ticket restaurant

Un employeur peut-il imposer un émetteur spécifique de titres-restaurant ?

Oui, l’employeur choisit librement l’émetteur (Edenred, Sodexo, Up, etc.) et le support (carte ou papier). Le salarié ne peut refuser ce choix, sauf si la convention collective ou un accord d’entreprise impose un prestataire.

Les titres-restaurant sont-ils cumulables avec d’autres avantages repas ?

L’URSSAF n’autorise qu’un titre-restaurant par jour de travail, à condition que le repas soit compris dans l’horaire de travail journalier. Pour le cumul avec une indemnité de repas ou un restaurant d’entreprise, vérifiez la règle applicable auprès de l’URSSAF avant de l’écrire dans la clause.

Que risque un employeur en cas de non-respect des règles d’attribution ?

Un contrôle URSSAF peut requalifier les titres-restaurant en salaire, entraînant un redressement des cotisations sociales. En cas de litige, les prud’hommes peuvent condamner l’employeur à verser des dommages et intérêts au salarié lésé.

Un salarié en CDD a-t-il droit aux titres-restaurant ?

Oui, les CDD bénéficient des mêmes avantages sociaux que les CDI, sauf exclusion expresse dans le contrat. La clause doit préciser si l’attribution est proportionnelle à la durée du contrat.

Les titres-restaurant sont-ils valables à l’étranger ?

Les titres-restaurant français sont conçus pour des paiements chez des restaurateurs et des commerçants autorisés par la CNTR, qui exerce en France. Vérifie auprès de ton émetteur avant d’en utiliser un à l’étranger.