✓ Les infos à retenir
- Pour un salarié à temps partiel, la journée de solidarité est proratisée selon son horaire contractuel hebdomadaire, soit (Horaire hebdomadaire / 35) × 7 heures
- Un salarié travaillant 50 % du temps (17,5h/semaine) doit effectuer 3,5 heures de solidarité par an, non rémunérées
- La Contribution Solidarité Autonomie (CSA) de 0,3 % de la masse salariale est versée par l’employeur à la CNSA pour financer l’autonomie des personnes âgées et handicapées
- Un salarié ne peut être soumis qu’à une seule journée de solidarité par année civile, même s’il cumule plusieurs emplois
- Si la date fixée ne correspond pas à un jour habituel de travail, l’employeur doit proposer une alternative : un autre jour férié, un RTT ou un fractionnement des heures
La journée de solidarité en temps partiel, c’est quoi exactement ?
La journée de solidarité a été instaurée par la loi du 30 juin 2004, dans le sillage de la canicule de 2003. L’idée derrière tout ça : financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées, via la Contribution Solidarité Autonomie (CSA). Concrètement, les salariés travaillent une journée supplémentaire non rémunérée dans l’année, et l’employeur verse une cotisation équivalente à 0,3 % de la masse salariale à la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA).
Mais quand on est à temps partiel, comment tout ça s’applique ? C’est là que les choses méritent quelques éclaircissements !
💡 Pour un salarié à temps partiel, la durée de la journée de solidarité est proratisée en fonction de son temps de travail contractuel. Il ne s’agit pas d’une journée entière de 7 heures, mais d’un volume d’heures calculé au prorata de son horaire habituel.

Comment calculer les heures de la journée de solidarité pour un temps partiel ?
Pour un salarié à temps plein, la journée de solidarité représente 7 heures de travail non rémunérées dans l’année. Pour un temps partiel, la règle est simple : on applique un prorata en fonction de l’horaire contractuel hebdomadaire ou mensuel prévu dans le contrat de travail (articles L3133-7 à L3133-10 du Code du travail).
Calcul selon l’horaire hebdomadaire
Si un salarié travaille 17,5 heures par semaine (soit 50 % d’un temps plein), il devra effectuer 3,5 heures au titre de la journée de solidarité. La formule est la suivante :
Heures dues = (Horaire contractuel hebdomadaire / 35) × 7
Voici quelques exemples concrets pour y voir plus clair 👇
| Durée contractuelle hebdomadaire | Taux d’activité | Heures de solidarité dues |
|---|---|---|
| 35h | 100 % | 7h |
| 28h | 80 % | 5,6h |
| 24,5h | 70 % | 4,9h |
| 17,5h | 50 % | 3,5h |
| 10,5h | 30 % | 2,1h |
Et si la date choisie ne correspond pas à un jour travaillé ?
C’est une question que beaucoup de salariés à temps partiel se posent ! Si la journée de solidarité fixée par l’employeur (souvent le lundi de Pentecôte) tombe un jour où vous ne travaillez habituellement pas, vous n’avez pas à modifier votre planning pour autant.
Dans ce cas, l’employeur doit prévoir une autre modalité : un autre jour férié travaillé, une journée de RTT, ou encore un fractionnement des heures sur plusieurs jours dans l’année. C’est l’accord d’entreprise ou, à défaut, l’accord de branche qui fixe ces règles.

Secteur privé ou secteur public : quelles différences ?
Les règles ne sont pas tout à fait identiques selon que vous travaillez dans le secteur privé ou dans la fonction publique. Voici ce qu’il faut savoir !
Dans le secteur privé
C’est l’accord collectif d’entreprise ou l’accord de branche qui détermine les modalités de la journée de solidarité. En l’absence d’accord, c’est l’employeur qui décide unilatéralement. Les heures effectuées dans ce cadre ne constituent pas des heures complémentaires pour les salariés à temps partiel, et elles ne sont donc pas rémunérées en plus.
Dans la fonction publique
Les agents de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière) sont également soumis à la journée de solidarité, mais les modalités sont fixées par décret. La durée proratisée s’applique de la même façon pour les agents à temps partiel. La journée peut être accomplie via un jour de congé supplémentaire ou via un fractionnement. Pour les agents en situation particulière, comme ceux en temps partiel thérapeutique dans la fonction publique, des adaptations spécifiques peuvent être nécessaires en accord avec leur médecin et leur employeur.
✅ Dans les deux cas — secteur privé comme secteur public — les heures effectuées au titre de la journée de solidarité ne sont pas rémunérées et ne génèrent pas de droits supplémentaires (congés, RTT, etc.).
Que se passe-t-il en cas de cumul d’emplois ?
Si vous cumulez plusieurs postes à temps partiel chez différents employeurs, vous êtes potentiellement concerné par la journée de solidarité dans chaque entreprise. Mais la loi prévoit un garde-fou !
Selon le Code du travail, un salarié ne peut être soumis qu’à une seule journée de solidarité par année civile. Si vous avez déjà accompli vos heures chez un premier employeur, vous pouvez en informer votre second employeur, qui sera alors dispensé de vous l’imposer à nouveau.
Dans la pratique, pensez à conserver une attestation ou un document de votre premier employeur confirmant que la journée de solidarité a bien été accomplie. C’est simple, mais ça peut éviter des situations compliquées !
Peut-on refuser la journée de solidarité ?
Honnêtement, la marge de manœuvre est assez limitée sur ce point. La journée de solidarité est une obligation légale pour les salariés, et le refus sans motif légitime peut être considéré comme une faute. En théorie, l’employeur pourrait retenir la rémunération correspondante aux heures non effectuées.
Les cas qui peuvent justifier un aménagement
- Le jour fixé correspond à un jour habituel de non-travail (planning à temps partiel) : l’employeur doit proposer une alternative.
- Le salarié a déjà accompli la journée chez un autre employeur dans la même année civile.
- Le salarié est mineur : dans certains cas, des règles spécifiques s’appliquent en fonction des conventions collectives et des restrictions liées au travail des mineurs.
Les salariés mineurs sont-ils concernés ?
Les salariés mineurs sont en principe soumis à la journée de solidarité dans les mêmes conditions que les adultes, avec la proratisation applicable à leur temps partiel. Cependant, des restrictions légales encadrent strictement le temps de travail des mineurs — durée maximale journalière, repos obligatoires — ce qui peut influencer les modalités pratiques de réalisation de cette journée.
Changement d’employeur en cours d’année : que faire ?
Si vous changez d’employeur en cours d’année civile, la situation mérite attention ! Si vous avez déjà effectué votre journée de solidarité chez votre ancien employeur, vous n’êtes pas tenu de la refaire chez le nouveau. Là encore, une attestation de votre employeur précédent est fortement recommandée.
En revanche, si vous rejoignez un nouvel employeur sans avoir encore accompli la journée dans l’année, vous serez soumis aux règles définies dans cette nouvelle entreprise. Le dispositif des jours de fractionnement dans la fonction publique peut également s’appliquer si vous transférez vers le secteur public. Tout ça est prévu et encadré par les articles L3133-7 à L3133-10 du Code du travail, donc pas de mauvaises surprises si vous êtes bien informé !

Les points clés à retenir sur la journée de solidarité et le temps partiel
La journée de solidarité pour un salarié à temps partiel, c’est finalement assez logique une fois qu’on a compris le mécanisme de la durée proratisée. Vous travaillez à 60 % ? Vous effectuez 60 % des 7 heures standard, soit 4,2 heures dans l’année. Pas plus, pas moins !
L’employeur a l’obligation de fixer les modalités en amont, idéalement via un accord d’entreprise ou un accord de branche, pour éviter toute zone de flou. Et si le jour choisi n’est pas compatible avec votre planning habituel, il doit s’adapter — c’est la loi. 😊
Que vous soyez dans une petite PME, une grande entreprise ou un établissement de la fonction publique, les principes restent les mêmes : proratisation, non-rémunération des heures effectuées, et unicité de la journée sur l’année civile. Des règles claires, finalement assez simples à appliquer dès lors qu’on les connaît ! Si vous avez des questions sur l’impact de cette journée sur votre rémunération ou vos droits aux allocations chômage, vous pouvez consulter notre guide détaillé sur le calcul des allocations chômage en fonction de votre salaire.
Questions fréquentes sur la journée de solidarité en temps partiel
Un salarié en forfait jours est-il concerné par la journée de solidarité en temps partiel ?
Les salariés en forfait jours (cadres autonomes) sont soumis à la journée de solidarité, mais leur durée est calculée différemment. Elle correspond à 1/218e de leur temps de travail annuel, soit environ 7 heures pour un temps plein. Pour un temps partiel, ce ratio est proratisé selon leur forfait. Exemple : un forfait de 180 jours devra effectuer 5,8 heures (180/218 × 7).
Les heures de la journée de solidarité comptent-elles pour le calcul du plafond de la Sécurité sociale ?
Non, les heures effectuées au titre de la journée de solidarité sont exclues du calcul du plafond de la Sécurité sociale. Elles ne génèrent ni cotisations sociales ni droits à retraite. La Contribution Solidarité Autonomie (CSA) de 0,3 % est prélevée sur la masse salariale brute, indépendamment de ces heures.
Un employeur peut-il imposer la journée de solidarité un dimanche ou un jour de repos hebdomadaire ?
Non, l’employeur ne peut pas imposer la journée de solidarité un dimanche ou un jour de repos hebdomadaire légal. Le Code du travail (article L3132-3) interdit le travail ces jours-là, sauf exceptions. Si le salarié ne travaille pas habituellement ce jour, l’employeur doit proposer une alternative : un autre jour férié, un RTT ou un fractionnement des heures.
Comment sont traitées les heures de solidarité pour un salarié en contrat d’apprentissage à temps partiel ?
Les apprentis sont soumis à la journée de solidarité, avec une durée proratisée selon leur temps de travail. Leur horaire est calculé sur la base de 35 heures (temps plein), même si leur contrat prévoit moins. Exemple : un apprenti à 50 % devra effectuer 3,5 heures. Ces heures ne sont pas rémunérées et ne comptent pas pour le SMIC ou les cotisations.
La journée de solidarité peut-elle être remplacée par un don en argent à la CNSA ?
Aucun texte ne prévoit le remplacement de la journée de solidarité par un don financier. L’employeur doit verser la CSA (0,3 % de la masse salariale) et le salarié doit effectuer les heures correspondantes. Certaines entreprises complètent ce dispositif par des dons volontaires, mais cela reste distinct de l’obligation légale.



