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Juridique

Qu’est-ce que la convention collective de commerce de détail non alimentaire ?

13 min de lecture

Par Thomas, fondateur d’ID Entreprises

Two women holding shopping bags and conversing in a fashion retail store, showcasing vibrant lifestyle shopping. Deux femmes tenant des sacs de shopping et conversant dans un magasin de mode, illustrant un style de vie dynamique et shopping.

✓ Les infos à retenir

  • La convention collective IDCC 1517 s’applique à une liste précise de commerces de détail non alimentaires (antiquités, brocante, jeux, jouets, droguerie, maroquinerie, presse, produits de la vape)
  • Elle encadre les salaires minima, les classifications professionnelles, les congés payés (30 jours ouvrables par an) et la durée légale du travail (35 heures)
  • La prime d’ancienneté commence à partir de 3 ans d’ancienneté et augmente par paliers de 3 ans : 3 %, 6 %, 9 %, 12 %, puis 15 % après 15 ans
  • Les avenants négociés entre partenaires sociaux modifient régulièrement les salaires minima ; le ministère du Travail cite par exemple l’avenant n° 15 du 6 février 2026
  • Le texte officiel est consultable gratuitement sur Légifrance.gouv.fr en cherchant « IDCC 1517 »

La convention collective nationale du commerce de détail non alimentaire, c’est quoi exactement ?

Si tu travailles dans le secteur du commerce de détail non alimentaire, ou si tu emploies des salariés dans ce domaine, tu as forcément entendu parler de la convention collective IDCC 1517. Mais concrètement, à quoi ça sert et qui est concerné ? C’est exactement ce qu’on va voir ici, de manière claire et sans jargon inutile.

Sommaire de l’article

La convention collective nationale du commerce de détail non alimentaire est un accord de branche conclu entre les organisations syndicales représentatives des salariés et les représentants des employeurs. Elle encadre les relations de travail dans un secteur très large, qui va des antiquités et de la brocante aux jeux et jouets, en passant par les galeries d’art, la droguerie, la maroquinerie ou la presse.

La convention collective IDCC 1517 s’applique aux commerces de détail non alimentaires listés dans son champ : antiquités, brocante, galeries d’art, arts de la table, droguerie, jeux, jouets, maroquinerie, presse, entre autres.

Droits et obligations convention collective commerce non alimentaire

L’intitulé officiel et la date du texte

Le Code du travail numérique du ministère du Travail désigne cette convention sous le nom de commerces de détail non alimentaires, avec la liste de son champ : antiquités, brocante, galeries d’art, arts de la table, coutellerie, droguerie, équipement du foyer, bazars, commerces ménagers, modélisme, jeux, jouets, puériculture, maroquinerie, presse et jeux de hasard ou pronostics, produits de la vape.

Le texte de base date du 9 mai 2012. Il a été complété depuis par de nombreux avenants, dont l’avenant n° 14 du 27 novembre 2024 et l’avenant n° 15 du 6 février 2026, tous deux consacrés à la revalorisation de la rémunération minimale. Certains commerces que l’on associe au « non alimentaire », comme les librairies ou les magasins de sport, ne figurent pas dans cette liste : leur convention est une autre. Vérifiez donc l’intitulé figurant sur votre bulletin de paie avant de chercher une règle dans ce texte.

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Quelles entreprises sont concernées par l’IDCC 1517 ?

Le champ d’application de cette convention est particulièrement étendu. Son champ est limité aux commerces de détail énumérés dans son intitulé officiel. Voici les secteurs concernés :

  • Antiquités, brocante et galeries d’art (œuvres d’art)
  • Arts de la table, coutellerie, droguerie, équipement du foyer
  • Bazars et commerces ménagers
  • Modélisme, jeux et jouets, puériculture
  • Maroquinerie
  • Presse, jeux de hasard ou pronostics
  • Produits de la vape

Pour savoir si ton entreprise est bien rattachée à cette convention, tu dois te référer à ton code APE (Activité Principale Exercée), qui donne une indication sur la branche applicable. En cas de doute, c’est l’activité principale réelle de l’entreprise qui fait foi, pas uniquement le code APE.

Comment vérifier son rattachement à la convention ?

Le texte officiel est consultable gratuitement sur Légifrance, la plateforme publique qui centralise l’ensemble des textes juridiques en vigueur. La convention est régulièrement mise à jour via des avenants négociés entre partenaires sociaux. Il faut donc toujours s’assurer de consulter la version consolidée la plus récente.

Classifications professionnelles : comment sont organisés les emplois ?

La convention collective IDCC 1517 prévoit un système de classifications professionnelles structuré, détaillé notamment dans le chapitre XII du texte. Ce système permet de positionner chaque salarié sur une grille en fonction de ses compétences, responsabilités et de la nature de son poste.

Les niveaux de classification

Les emplois sont classés en 9 niveaux : les niveaux I à V pour les employés, le niveau VI pour les agents de maîtrise et les niveaux VII à IX pour les cadres. Plus le niveau est élevé, plus la rémunération minimale garantie est importante.

Cette grille de classification est directement liée à la grille des salaires minima de la branche. Chaque niveau correspond à un salaire plancher en dessous duquel l’employeur ne peut pas descendre, même si l’accord d’entreprise est moins favorable.

Quelle est la hiérarchie entre accord d’entreprise et convention collective ?

Bonne question ! Depuis les ordonnances Macron de 2017, les accords d’entreprise peuvent déroger à la convention de branche sur certains points. Mais sur d’autres, comme les salaires minima ou les classifications, c’est la convention qui prime. L’accord d’entreprise ne peut pas être moins favorable que la convention sur ces points précis.

Durée et organisation du travail : ce que dit la convention

La durée du travail dans le commerce de détail non alimentaire suit les règles générales du Code du travail, mais la convention collective vient préciser certaines modalités propres à la branche.

Convention collective détails non alimentaire guide

Le temps de travail effectif

Le temps de travail effectif correspond au temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et se conforme à ses directives, sans pouvoir vaquer librement à ses occupations personnelles. La durée légale reste fixée à 35 heures hebdomadaires. Au-delà, les heures supplémentaires ouvrent droit à une majoration de salaire ou à un repos compensateur.

Les RTT et aménagement du temps de travail

Dans certaines entreprises relevant de l’IDCC 1517, des accords d’aménagement du temps de travail peuvent prévoir l’attribution de jours de RTT. Tout dépend de l’organisation retenue par l’entreprise (annualisation, forfait jours pour les cadres, etc.). Ces dispositifs doivent impérativement faire l’objet d’un accord collectif.

Congés payés et absences : quels droits pour les salariés ?

Les salariés du commerce non alimentaire bénéficient des mêmes droits à congés payés que dans les autres branches : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables par an (5 semaines). La convention ajoute des jours pour ancienneté : 1 jour ouvré à partir de 10 ans d’ancienneté, jusqu’à 5 jours ouvrés à partir de 30 ans.

Les congés pour événements familiaux

La convention prévoit également des congés pour événements familiaux (mariage, naissance, décès d’un proche…), dont les durées sont fixées par accord de branche. Ces droits s’appliquent indépendamment de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise.

Les absences pour maladie

En cas d’arrêt maladie, le maintien de salaire dépend à la fois des règles légales (délai de carence, indemnités journalières de la Sécurité sociale) et des dispositions conventionnelles. Avec au moins 1 an d’ancienneté, la convention maintient 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis 70 % pendant 30 jours, à partir du 8e jour calendaire, avec 10 jours de plus à chaque période entière de 5 ans d’ancienneté. Pour en savoir plus sur les implications d’un arrêt maladie de longue durée, il est important de connaître vos droits au-delà de cette période conventionnelle.

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Préavis, congés et maladie : les règles propres à la branche

Plusieurs points se lisent directement dans les fiches du ministère du Travail consacrées à l’IDCC 1517.

  • Préavis de démission : 1 mois pour les employés (niveaux I à V), 2 mois pour les agents de maîtrise (niveau VI), 3 mois pour les cadres (niveaux VII à IX).
  • Congés pour ancienneté : 1 jour ouvré en plus à partir de 10 ans, 2 à partir de 15 ans, 3 à partir de 20 ans, 4 à partir de 25 ans et 5 à partir de 30 ans. L’ancienneté s’apprécie au 31 mai de l’année de référence.
  • Heures supplémentaires : le contingent annuel est fixé à 180 heures.
  • Arrêt maladie : le maintien de salaire est de 90 % puis 70 % de la rémunération brute, pour une durée qui monte de 60 jours (1 à 5 ans d’ancienneté) à 180 jours (31 ans et plus). Il est versé à partir du 8e jour calendaire d’arrêt.

Ces fiches sont mises à jour à des dates différentes, parfois anciennes : lisez la date indiquée en haut de chaque page avant de vous y fier.

Rémunération et primes : ce que tu dois savoir

C’est souvent le point qui intéresse le plus les salariés, et pour cause ! La convention collective du commerce de détail non alimentaire encadre plusieurs éléments de rémunération au-delà du salaire de base.

✅ La grille des salaires minima de l’IDCC 1517 est régulièrement revalorisée par des avenants négociés entre partenaires sociaux. Tout employeur est tenu de respecter ces minima, sous peine de sanctions.

La prime d’ancienneté

La convention prévoit une prime d’ancienneté pour les salariés classés aux niveaux I à VI. Elle est calculée sur le salaire minimum mensuel du niveau I, pour tous ces salariés, et augmente par paliers : 3 % après 3 ans, 6 % après 6 ans, 9 % après 9 ans, 12 % après 12 ans, 15 % après 15 ans. C’est un droit garanti que l’employeur ne peut pas supprimer unilatéralement !

Le 13e mois et autres primes

Le versement d’un 13e mois n’est pas systématiquement prévu par la convention nationale, mais il peut être institué par accord d’entreprise ou usage. La fiche officielle du ministère du Travail ne recense, pour cette branche, que la prime d’ancienneté et une prime différentielle, due après au moins 3 semaines consécutives sur un poste de niveau supérieur. Les autres primes viennent d’un accord d’entreprise ou du contrat.

La grille des salaires minima

La convention compte 9 niveaux. Les montants minimaux de chaque niveau changent à chaque avenant ; le tableau ci-dessous rappelle les catégories et les préavis de démission, qui ne dépendent pas des avenants salariaux :

Niveaux Catégorie Préavis de démission
I à V Employés 1 mois
VI Agents de maîtrise 2 mois
VII à IX Cadres 3 mois

Les montants exacts sont mis à jour régulièrement via des avenants publiés au Journal officiel et consultables sur Légifrance. Pour les employeurs, ne pas appliquer la bonne grille expose à des rappels de salaire et des pénalités !

Calculer sa prime d’ancienneté : un exemple officiel

La prime d’ancienneté se calcule sur le salaire minimum mensuel conventionnel du niveau I, quel que soit le niveau réel du salarié. Elle concerne les salariés classés aux niveaux I à VI.

Le ministère du Travail donne cet exemple : à la date de sa fiche (mise à jour en février 2024), ce salaire minimum était de 1 679 euros. Pour un salarié à temps plein avec 10 ans d’ancienneté, la prime est de 9 % de ce montant, soit 151,11 euros. Pour un salarié à temps partiel de 24 heures par semaine, elle est proportionnelle : 103,61 euros.

Ces chiffres ne valent plus tels quels : les avenants de novembre 2024 et de février 2026 ont revalorisé les minima. Reprenez la méthode, pas le montant. La prime est aussi réduite au prorata en cas d’absence non maintenue en salaire, et la durée du congé parental n’est prise en compte que pour moitié dans l’ancienneté.

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Formation professionnelle : quels droits dans la branche ?

La formation professionnelle est un axe fort de la convention collective du commerce de détail non alimentaire. Les salariés bénéficient de dispositifs spécifiques encadrés à la fois par la loi et par les accords de branche.

Le CPF et les dispositifs de branche

Le Compte Personnel de Formation (CPF) permet à chaque salarié de financer des formations certifiantes tout au long de sa carrière. Dans la branche du commerce non alimentaire, un OPCO (Opérateur de Compétences) est chargé de financer les actions de formation et d’accompagner les entreprises dans leurs démarches.

Les entretiens professionnels

Tout employeur relevant de l’IDCC 1517 est tenu d’organiser un entretien professionnel avec chaque salarié tous les 2 ans. Cet entretien porte sur les perspectives d’évolution professionnelle, et non sur l’évaluation des performances. Tous les 6 ans, un bilan récapitulatif doit être réalisé.

Comment modifier ou dénoncer la convention collective ?

La modification de la convention passe par la négociation d’un avenant entre les partenaires sociaux représentatifs de la branche. Une fois signé, l’avenant peut être étendu par arrêté ministériel ; il s’impose alors à toutes les entreprises du secteur, même celles non adhérentes à une organisation patronale signataire.

La dénonciation de la convention

La dénonciation de la convention est possible, mais encadrée. Elle doit respecter un préavis de 3 mois et faire l’objet d’une notification aux autres parties signataires ainsi qu’à la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités). Après dénonciation, les salariés conservent les avantages acquis pendant une période de survie de 12 mois minimum. Il est également important de connaître les alternatives à la rupture conventionnelle, notamment en cas de licenciement économique, qui peut avoir des implications différentes pour le maintien de certains droits.

Indemnité de licenciement : comment ça se calcule ?

La indemnité de licenciement prévue par la convention collective du commerce de détail non alimentaire peut être plus favorable que le minimum légal. Elle dépend de l’ancienneté du salarié et de sa rémunération de référence.

À titre d’exemple, la formule légale prévoit 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 au-delà. La convention peut prévoir un calcul plus avantageux. C’est toujours le calcul le plus favorable au salarié qui s’applique, qu’il soit issu du Code du travail ou de la convention ! En parallèle, il existe d’autres solutions à un licenciement, comme la rupture conventionnelle, qui peut offrir des avantages distincts en termes d’accès au chômage et de versement d’indemnités.

Où trouver le texte officiel à jour de la convention ?

Le texte intégral de la convention collective nationale du commerce de détail non alimentaire (IDCC 1517) est disponible gratuitement sur Légifrance.gouv.fr. Tu peux y accéder en recherchant directement « IDCC 1517 » dans le moteur de recherche du site.

Le Code du travail numérique du ministère du Travail propose aussi des fiches par thème adaptées à cette convention (salaire minimum, primes, maladie, préavis), avec la date de leur dernière mise à jour.

Les avenants : pourquoi les surveiller de près ?

Les avenants sont des textes qui modifient ponctuellement certaines dispositions de la convention. Ils peuvent porter sur les salaires minima, les classifications, les congés ou encore les indemnités. Ils sont négociés régulièrement et publiés au Journal officiel. Ne pas les appliquer, c’est s’exposer à un risque juridique réel pour l’employeur.

Ce qu’il faut retenir sur la convention collective IDCC 1517

La convention collective du commerce de détail non alimentaire est un texte incontournable pour tout employeur ou salarié évoluant dans ce secteur. Elle encadre des pans entiers de la relation de travail : rémunération, temps de travail, congés, formation, licenciement… Et elle évolue régulièrement grâce aux accords de branche !

Si tu es employeur, tu as tout intérêt à te tenir informé des derniers avenants pour rester en conformité. Si tu es salarié, elle constitue un socle de droits garantis que ton employeur ne peut pas remettre en cause. La connaître, c’est déjà se protéger efficacement 🎯

Décryptage convention collective commerce non alimentaire

FAQ sur la convention collective IDCC 1517

Quels sont les seuils d’effectifs pour l’obligation de négocier un accord d’entreprise dans le commerce de détail non alimentaire ?

La convention IDCC 1517 ne fixe aucun seuil d’effectifs de ce type. La négociation obligatoire en entreprise dépend du Code du travail, notamment de la présence d’un délégué syndical : le Code du travail numérique du ministère du Travail détaille ces règles.

Comment est calculée l’indemnité de précarité pour les CDD dans cette branche ?

L’indemnité de précarité pour les CDD dans le commerce de détail non alimentaire est fixée à 10 % de la rémunération brute totale, conformément au Code du travail. La convention collective IDCC 1517 peut prévoir un taux supérieur via un accord de branche, mais ce n’est pas systématique. Elle est versée en fin de contrat, sauf en cas de rupture anticipée.

Quelles sont les règles spécifiques pour le travail de nuit dans cette convention ?

Le travail de nuit est d’abord encadré par le Code du travail. Aucune majoration chiffrée n’est reprise ici : pour la convention IDCC 1517, vérifiez le texte sur Légifrance. En revanche, la fiche officielle sur le travail du dimanche rappelle que des contreparties (repos compensateur, majoration) peuvent être accordées.

Peut-on cumuler plusieurs conventions collectives dans une même entreprise ?

Non, une entreprise ne peut appliquer qu’une seule convention collective, déterminée par son activité principale. Si plusieurs activités coexistent, c’est la convention correspondant à l’activité majoritaire qui s’applique. Des accords d’entreprise peuvent adapter certaines règles, mais sans déroger aux minima de la convention IDCC 1517.

Quels sont les droits des salariés en cas de transfert d’entreprise (article L. 1224-1) ?

En cas de transfert d’entreprise, les contrats de travail sont automatiquement transférés au nouvel employeur, avec maintien des avantages de la convention IDCC 1517. Les salariés conservent leur ancienneté, leur classification et leur rémunération.