Comment toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?
Par Thomas, fondateur d’ID Entreprises

✓ Les infos à retenir
- La rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage (ARE) contrairement à une démission classique, à condition que la convention soit homologuée par la DREETS
- Tu dois avoir travaillé au minimum 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois pour bénéficier du chômage
- Le montant de l’ARE est calculé selon deux formules (40,4 % du SJR + 13,18 € ou 57 % du SJR), la plus avantageuse étant retenue, avec un minimum de 32,13 € par jour
- Un délai d’attente de 7 jours s’applique en principe, auquel s’ajoute un possible différé d’indemnisation lié à l’indemnité de rupture (plafonné à 150 jours)
- L’inscription à France Travail doit se faire dans les 12 mois suivant la fin du contrat avec l’attestation France Travail remise par ton employeur
Tu viens de négocier une rupture conventionnelle avec ton employeur ? Bien joué ! Mais maintenant, une question te trotte dans la tête : vas-tu pouvoir toucher le chômage ? Bonne nouvelle : oui, dans la grande majorité des cas, tu y as droit. Voyons ensemble comment ça fonctionne, quelles conditions remplir et quelles démarches effectuer pour percevoir tes allocations sans accroc.
Qu’est-ce qu’une rupture conventionnelle exactement ?

La rupture conventionnelle est un mode de séparation à l’amiable entre toi et ton employeur. Contrairement à une démission où tu pars de ton propre chef ou à un licenciement où c’est ton patron qui te montre la sortie, ici vous décidez ensemble de mettre fin au contrat de travail. C’est une procédure encadrée par le Code du travail, réservée aux salariés en CDI.
L’avantage ? Tu pars avec une indemnité et tu conserves ton droit au chômage. L’employeur, lui, évite une procédure de licenciement parfois lourde. Tout le monde y trouve son compte !
Les étapes clés d’une rupture conventionnelle
Pour que tout soit dans les règles, vous devez respecter plusieurs étapes : un ou plusieurs entretiens, la signature d’une convention, puis un délai de rétractation de 15 jours calendaires. Enfin, l’administration (la DREETS) doit homologuer la convention. Sans cette homologation, impossible de toucher le chômage.
✅ L’homologation par la DREETS est indispensable pour valider ta rupture conventionnelle et ouvrir tes droits aux allocations chômage.
Est-ce que j’ai vraiment droit au chômage après une rupture conventionnelle ?
Absolument ! La rupture conventionnelle te permet de bénéficier de l’ARE (Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi), tout comme un licenciement. Contrairement à une démission classique qui ne donne généralement pas accès au chômage, la rupture conventionnelle est considérée comme une séparation involontaire aux yeux de France Travail (ex-Pôle Emploi).
Cela dit, il faut remplir certaines conditions pour percevoir tes allocations chômage. Pas de panique, elles sont accessibles pour la plupart des salariés.
Les conditions à remplir
Pour toucher le chômage, tu dois avoir travaillé au minimum 6 mois (soit 130 jours travaillés ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois précédant la fin de ton contrat. À partir de 55 ans, cette période de référence s’étend à 36 mois.
Tu dois aussi être physiquement apte à travailler, résider en France et être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail. Enfin, tu ne dois pas avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite.
Combien vais-je toucher avec l’ARE ?

Le montant de ton allocation chômage dépend de ton salaire de référence. France Travail calcule ton Salaire Journalier de Référence (SJR) à partir des salaires perçus pendant la période de référence (24 derniers mois, 36 mois à partir de 55 ans). Ensuite, deux formules sont appliquées et c’est la plus avantageuse pour toi qui est retenue.
| Formule | Calcul |
|---|---|
| Formule 1 | 40,4 % du SJR + 13,18 € |
| Formule 2 | 57 % du SJR |
Par exemple, si ton SJR est de 100 €, la première formule te donne 53,58 € par jour (40,4 € + 13,18 €), tandis que la seconde te donne 57 €. C’est donc la formule 2 qui s’applique dans ce cas précis. Si tu souhaites comparer avec un exemple concret de salaire, consulte notre article sur combien on touche au chômage avec un salaire de 1500 euros net.
Le montant minimum est de 32,13 € par jour, valeur maintenue au 1er juillet 2026.
Les montants et les durées à retenir en 2026
Les partenaires sociaux n’ont pas réussi à s’entendre sur une revalorisation au 1er juillet 2026 : l’Unédic indique que les montants journaliers restent ceux de 2025. L’allocation minimale est donc de 32,13 € par jour et la partie fixe de l’ARE de 13,18 € (communiqué de l’Unédic). Ces deux chiffres remplacent ceux que vous avez pu lire ailleurs, 12,47 € et 31,59 €, qui datent d’avant.
Le service-public.fr précise les durées maximales pour une fin de contrat à compter du 1er février 2023. Elles sont réduites de 25 % tant que le taux de chômage reste sous 9 %.
| Âge | Durée maximale actuelle | Avant la réduction de 25 % |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 548 jours | 730 jours |
| 55 et 56 ans | 685 jours | 913 jours |
| 57 ans et plus | 822 jours | 1 095 jours |
Autre point qui change le calcul : le différé spécifique lié à l’indemnité supralégale s’obtient en divisant celle-ci par 109,6, arrondi au nombre entier supérieur, avec un plafond de 150 jours calendaires. Pour 5 000 € de part supralégale, cela donne 46 jours de différé, auxquels s’ajoutent les 7 jours d’attente (service-public.fr).
Quelles démarches effectuer pour toucher mes allocations ?
Une fois ta convention homologuée, tu dois t’inscrire rapidement comme demandeur d’emploi sur le site de France Travail. Cette inscription doit intervenir dans les 12 mois suivant la fin de ton contrat, sinon tu perds tes droits !
Les documents à fournir
Lors de ton inscription, prépare les documents suivants :
- L’attestation employeur (fournie par ton ancienne entreprise)
- Ta pièce d’identité
- Un relevé d’identité bancaire (RIB)
- La convention de rupture homologuée
Ton employeur doit te remettre l’attestation France Travail avec le certificat de travail et le solde de tout compte. Ce document est indispensable car il permet à France Travail de calculer tes droits. Sans lui, pas de versement possible !
💡 Inscris-toi à France Travail dès le lendemain de la fin de ton contrat pour éviter toute perte de droits et optimiser le démarrage de tes indemnités.
Le délai de carence
Attention, tu ne toucheras pas tes allocations immédiatement. Un délai d’attente de 7 jours s’applique, sauf s’il a déjà été appliqué dans les 12 mois précédents. Ensuite, si tu as perçu une indemnité de rupture conventionnelle supérieure au minimum légal, un différé d’indemnisation peut être ajouté.
Ce différé correspond au nombre de jours calculés en divisant le montant de l’indemnité supralégale par 109,6. Il est plafonné à 150 jours maximum.
Pendant combien de temps vais-je être indemnisé ?
La durée d’indemnisation dépend de ta durée d’affiliation, c’est-à-dire du temps pendant lequel tu as travaillé et cotisé. En règle générale, tu peux recevoir l’ARE pendant une période équivalente à ta durée de travail, dans la limite de 548 jours (environ 18 mois) si tu as moins de 55 ans. Cette durée maximale est réduite de 25 % tant que le taux de chômage reste sous 9 %. Pour une rupture conventionnelle qui prend effet à partir du 1er septembre 2026, des durées plus courtes s’appliquent (voir plus bas).
De 55 à 56 ans, la durée maximale est de 685 jours, et à partir de 57 ans de 822 jours. C’est un vrai coup de pouce pour les fins de carrière ! Si tu veux en savoir plus sur les différences entre les allocations chômage, n’hésite pas à découvrir notre guide détaillé sur la différence entre ARE et allocation chômage.
Peut-on prolonger ses droits ?
Si tu n’as pas retrouvé d’emploi à la fin de tes droits, tu peux sous conditions bénéficier d’autres dispositifs comme l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) ou le RSA. Renseigne-toi auprès de France Travail pour connaître les aides auxquelles tu peux prétendre.
Les délais de la procédure et les documents à recevoir
Le délai de rétractation dure 15 jours calendaires et commence le lendemain de la signature de la convention. Si le dernier jour tombe un week-end ou un jour férié, il est reporté au premier jour ouvrable suivant. Ensuite, l’administration (la DDETSPP, ou la DREETS selon les départements) dispose de 15 jours ouvrables pour répondre. Sans réponse dans ce délai, la convention est homologuée. Pour un salarié protégé, l’inspecteur du travail a 2 mois, et l’absence de réponse vaut rejet.
Une rupture conventionnelle peut être signée pendant un arrêt maladie. La date de fin de contrat n’est pas repoussée par la suspension du contrat. En cas de litige, le recours devant le conseil de prud’hommes doit avoir lieu dans les 12 mois à compter de la date d’homologation ou du refus d’homologation.
À la fin du contrat, l’employeur remet le certificat de travail, l’attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte. Vous recevez aussi un exemplaire daté et signé de la convention, avec la mention « lu et approuvé ». Pour l’indemnité, le plancher est l’indemnité légale de licenciement ou l’indemnité conventionnelle si elle est plus élevée (service-public.fr).
Rupture conventionnelle vs démission : quelles différences pour le chômage ?
C’est ici que la rupture conventionnelle prend tout son sens. Si tu démissionnes, tu n’as en principe pas droit au chômage, sauf dans de rares cas de démission légitime (violences conjugales, déménagement pour suivre son conjoint muté, non-paiement des salaires, etc.).
Depuis quelques années, il existe aussi la possibilité de démissionner pour un projet professionnel (création ou reprise d’entreprise, reconversion professionnelle). Mais cette procédure est plus contraignante : tu dois monter un dossier solide, le présenter à une commission paritaire interprofessionnelle, et respecter un parcours précis. Autant te dire que la rupture conventionnelle est bien plus simple et rapide ! À titre de comparaison, un licenciement économique avec maintien de salaire pendant 1 an implique également une protection du salarié, mais c’est une autre forme de rupture de contrat.
Peut-on cumuler rupture conventionnelle et création d’entreprise ?
Excellente question ! Oui, tu peux tout à fait créer ton entreprise après une rupture conventionnelle et continuer à percevoir tes allocations, sous certaines conditions. France Travail propose même des dispositifs d’accompagnement comme l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise), qui te permet de recevoir 60 % de tes droits restants sous forme de capital.
C’est un super tremplin pour te lancer dans l’entrepreneuriat avec un filet de sécurité financier. N’hésite pas à en discuter avec ton conseiller France Travail lors de ton inscription.
Quels sont les pièges à éviter ?
Même si la rupture conventionnelle est avantageuse, quelques erreurs peuvent compromettre tes droits. Première erreur : ne pas vérifier que la convention est bien homologuée. Sans ce feu vert administratif, pas d’allocations !
Deuxième piège : tarder à s’inscrire à France Travail. Tu as 12 mois maximum après la fin de ton contrat, mais plus tu attends, plus tu risques de perdre des jours d’indemnisation. Troisième point : oublier de récupérer ton attestation employeur. Si ton ancien patron traîne des pieds, relance-le, c’est ton droit.
Enfin, attention au différé d’indemnisation lié à ton indemnité de rupture. Calcule bien ce délai pour anticiper ta trésorerie personnelle, histoire d’éviter les mauvaises surprises en fin de mois !

Voilà, tu sais maintenant tout sur la rupture conventionnelle et tes droits au chômage. Tu as droit à tes allocations, à condition de respecter les règles du jeu et de faire tes démarches dans les temps. Avec cette sécurité financière, tu peux rebondir sereinement, chercher un nouveau job ou même te lancer dans un nouveau projet professionnel. Alors fonce, et bonne chance pour la suite ! 🚀
Questions fréquentes sur la rupture conventionnelle et le chômage
La rupture conventionnelle est-elle possible en CDD ?
Non, la rupture conventionnelle est réservée aux CDI. Pour un CDD, seule une rupture anticipée d’un commun accord est possible, mais elle n’ouvre pas droit aux allocations chômage sauf exceptions (ex : embauche en CDI). L’attestation employeur doit préciser la nature de la rupture pour éviter tout refus de France Travail.
Puis-je contester le refus d’homologation de ma rupture conventionnelle ?
Oui, le recours devant le conseil de prud’hommes doit avoir lieu dans les 12 mois à compter de la date d’homologation ou du refus d’homologation. La DREETS motive son rejet (ex : vice de consentement, indemnité insuffisante). Un avocat en droit du travail peut vous aider à préparer un recours. Sans homologation, pas d’accès à l’ARE.
L’indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?
Oui, mais partiellement. L’indemnité légale ou conventionnelle est exonérée d’impôt sur le revenu à hauteur de l’indemnité légale ou conventionnelle. Au-delà, l’exonération est limitée au plus favorable de 50 % de l’indemnité ou de 2 fois la rémunération brute de l’année précédente, dans la limite de 282 600 € pour 2025. La partie excédentaire est imposable.
Peut-on signer une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?
Oui, mais la procédure est encadrée. L’employeur doit vérifier que votre consentement est libre et éclairé. La date de fin de contrat n’est pas repoussée par la suspension du contrat de travail. L’indemnité reste due.
Que se passe-t-il si mon employeur ne me remet pas l’attestation employeur ?
Votre employeur doit vous la remettre avec les autres documents de fin de contrat. Sans ce document, France Travail ne peut pas calculer vos droits. En cas de refus, envoyez une mise en demeure par LRAR. Si persistance, saisissez l’inspection du travail ou les prud’hommes pour obtenir une condamnation.
Qu’est-ce qui change pour les contrats rompus à partir du 1er septembre 2026 ?
Cette section prime sur tout ce que vous avez pu lire ailleurs, y compris plus haut dans cet article. Depuis le 1er septembre 2026, la rupture conventionnelle individuelle sort du régime commun de l’assurance chômage et bascule dans un régime spécifique, moins généreux !
Le principe est simple : à droits acquis identiques, vous êtes indemnisé moins longtemps qu’un salarié licencié. La réforme porte sur la durée maximale d’indemnisation.
| Situation | Avant le 1er septembre 2026 | Depuis le 1er septembre 2026 |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | 15 mois (456 jours) |
| 55 et 56 ans | 22,5 mois | 20,5 mois (624 jours) |
| 57 ans et plus | 27 mois | 20,5 mois (624 jours) |
| Outre-mer, moins de 55 ans | 24 mois | 20 mois |
| Outre-mer, 55 ans et plus | 30 mois (55 et 56 ans), 36 mois (57 ans et plus) | 30 mois |
Le salarié de 57 ans est le grand perdant de la réforme : il passe de 27 à 20,5 mois, soit près de sept mois d’allocation en moins !
Les pages officielles parlent d’un contrat « effectivement rompu à compter du 1er septembre 2026 » : c’est la date de fin du contrat qui compte, pas celle de votre inscription à France Travail.
Peut-on récupérer la durée d’indemnisation de droit commun ?
Les pages officielles consultées (service-public.fr, code du travail numérique) ne mentionnent aucune prolongation pour revenir aux durées de droit commun. Des textes d’application étaient encore attendus à la date de leur mise à jour : vérifiez auprès de France Travail avant de compter sur un allongement.
Gardez la trace écrite de vos démarches dès le premier mois d’inscription : elles serviront si les règles évoluent.
Quelles conséquences concrètes pour négocier sa sortie ?
Cette réforme change l’arbitrage entre rupture conventionnelle et autres modes de rupture. Deux points méritent d’être remis sur la table avant de signer.
- L’indemnité négociée pèse plus lourd : trois mois d’allocation en moins, c’est autant à récupérer dans le montant de l’indemnité de rupture
- Le licenciement redevient comparable : un salarié licencié conserve les durées de droit commun, ce qui n’était pas discriminant avant septembre
Le calcul à poser avant de signer, si vous avez moins de 55 ans : multipliez votre allocation journalière estimée par 90 jours (3 mois de moins que les 18 mois d’avant). À partir de 55 ans, l’écart va de 2 à 6,5 mois selon l’âge.
Le différé et le délai de carence changent-ils aussi ?
Les pages officielles consultées n’annoncent aucun changement sur ces délais. Vous subissez toujours le différé d’indemnisation congés payés, le différé spécifique lié à la part supralégale de l’indemnité de rupture, plafonné à 150 jours, puis le délai d’attente de 7 jours. Ces trois délais s’ajoutent avant le premier versement et se cumulent avec la nouvelle durée réduite.
Cette réforme touche-t-elle la rupture conventionnelle collective ?
Le texte de la loi du 11 juin 2026 vise la rupture conventionnelle individuelle. La rupture conventionnelle collective suit un régime distinct.
Faut-il se dépêcher de signer avant une prochaine réforme ?
La logique de calendrier a déjà joué une fois : les contrats rompus avant le 1er septembre 2026 ont conservé l’ancien régime. Pour toute négociation, retenez que c’est la date de fin du contrat qui détermine la durée applicable.


