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Juridique

Qu’est-ce que la convention collective du paysage ?

13 min de lecture

Par Thomas, fondateur d’ID Entreprises

Workers en équipement de sécurité entretenant un jardin sur un toit à Kowloon, Hong Kong, mettant en valeur les espaces verts urbains.

✓ Les infos à retenir

  • La convention collective nationale des entreprises du paysage porte le numéro IDCC 7018 et a été signée le 10 octobre 2008
  • Elle s’applique à toutes les entreprises dont l’activité principale relève du paysage, en métropole comme dans les DOM, et à leurs salariés
  • Elle fixe des salaires minima par position de classification (ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise, cadres), sans jamais descendre sous le Smic
  • L’UNEP représente les employeurs et négocie les accords avec les organisations syndicales représentatives
  • Les obligations de prévoyance et de complémentaire santé sont détaillées dans le texte de la convention et ses avenants

La convention collective du paysage, c’est quoi exactement ?

Si tu travailles dans une entreprise de jardinage, d’aménagement paysager ou d’entretien d’espaces verts, tu es très probablement concerné par la convention collective nationale des entreprises du paysage. Ce texte fondamental encadre les relations entre employeurs et salariés du secteur, et il est loin d’être anodin !

Sommaire de l’article

Conclue le 10 octobre 2008, elle est identifiée par le numéro IDCC 7018 (brochure n° 3617, entrée en vigueur le 25 mars 2009). Elle est consultable dans son intégralité sur le site Légifrance, la référence juridique officielle en France.

💡 La convention collective nationale des entreprises du paysage (IDCC 7018), signée le 10 octobre 2008, est le texte de référence qui régit les droits et obligations de l’ensemble des salariés et employeurs du secteur paysager en France.

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Qui est concerné par la convention collective du paysage ?

La question revient souvent, et c’est normal ! Le champ d’application de cette convention est assez large. Elle s’applique aux entreprises du paysage dont l’activité principale relève du paysage. Le code APE (NAF) le plus courant est le 81.30Z (services d’aménagement paysager), mais c’est l’activité principale réellement exercée qui détermine la convention.

Les employeurs concernés

Toute entreprise dont l’activité principale porte sur la création, l’aménagement, l’entretien et la gestion d’espaces verts est couverte par cette convention. Cela inclut les paysagistes, les jardiniers paysagistes, les entreprises de terrassement végétal, ou encore les prestataires spécialisés dans le fleurissement urbain.

Les salariés concernés

Du côté des salariés, la convention s’applique à tous les collaborateurs de ces entreprises, qu’ils soient ouvriers, techniciens, agents de maîtrise ou cadres. En clair, si tu bosses pour une entreprise du secteur, tu es couvert, quel que soit ton poste !

Les grandes thématiques couvertes par la convention

La convention collective du paysage ne se limite pas à fixer un salaire minimum. Elle aborde un spectre très large de sujets qui touchent directement à ta vie professionnelle au quotidien.

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La classification des emplois

La convention établit une grille de classification par filières : ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise, cadres. Chaque position est associée à des critères de compétences, d’autonomie et de responsabilité. Cette grille est la base pour déterminer le salaire minimum applicable à chaque poste.

La grille de salaires minimaux

C’est l’un des points les plus consultés ! La convention fixe des salaires minima conventionnels par niveau de classification. Ces minima sont régulièrement revus par voie d’accords de branche, négociés entre les partenaires sociaux, principalement l’UNEP (Union Nationale des Entreprises du Paysage) côté employeurs, et des organisations syndicales représentatives côté salariés.

Le temps de travail et les congés

La durée légale du travail de 35 heures hebdomadaires s’applique, mais la convention prévoit des modalités spécifiques d’aménagement du temps de travail, adaptées aux contraintes saisonnières du secteur. Les congés payés sont fixés à un minimum de 30 jours ouvrables par an, conformément au droit commun.

Les primes et avantages conventionnels

La convention prévoit plusieurs primes spécifiques au secteur :

  • La prime d’ancienneté : son barème figure dans le texte de la convention.
  • Les indemnités de petits déplacements : pour couvrir les frais liés aux chantiers itinérants, très fréquents dans ce secteur.

La formation professionnelle

Le secteur du paysage dispose d’un organisme paritaire dédié : Ocapiat, qui gère les fonds de la formation professionnelle pour l’agriculture, la coopération agricole et les métiers du paysage. La convention encourage fortement l’accès à la formation continue, notamment via le CPF (Compte Personnel de Formation) et les contrats de professionnalisation.

✅ La convention collective du paysage couvre des thématiques clés comme la classification des emplois, les salaires minimaux, les congés, les primes d’ancienneté et les indemnités de déplacement, autant de droits concrets pour les salariés du secteur.

Salaires minima en 2026 : l’avenant n° 46 et le Smic

La grille des minima de la branche est mise à jour par avenants. D’après l’Unep, l’avenant n° 46 a été signé le 17 septembre 2025, puis étendu par un arrêté du 11 décembre 2025 publié au Journal officiel du 26 décembre 2025. Il est devenu obligatoire pour toutes les entreprises de la branche au 1er janvier 2026 et revalorise de 1 % l’ensemble des échelons.

Cette grille ne peut pas descendre sous le Smic. Depuis le 1er juin 2026, le Smic horaire brut est de 12,31 € (1 867,02 € brut par mois pour 35 heures). Selon l’Unep, plusieurs positions basses de la grille, de O.1 à O.3 et de E.1 à E.2, se trouvent désormais en dessous de ce montant. Pour ces salariés, c’est le Smic qui sert de plancher, pas le minimum conventionnel.

Si vous êtes salarié, comparez votre taux horaire brut à la fois à la grille de votre position et au Smic en vigueur. Si vous êtes employeur, faites cette vérification à chaque revalorisation du Smic, sans attendre un nouvel avenant de branche. Le détail position par position est publié par l’Unep dans sa base documentaire, et le texte consolidé reste consultable sur Légifrance.

Sources : page de l’Unep consacrée à la convention et fiche Smic de service-public.gouv.fr (vérifiée le 1er juin 2026).

Les positions de la classification et le calcul du panier repas

La convention classe les emplois en filières : les ouvriers (positions O.1 à O.6), les employés (E.1 à E.4), les techniciens et agents de maîtrise, et les cadres (de la position C à C5), avec une position D dont le salaire est fixé de gré à gré. C’est cette position, et non l’intitulé du poste, qui détermine le minimum applicable.

L’indemnité de panier suit une règle de calcul simple. Lorsque le salarié est en déplacement et que le temps de trajet compte comme du travail effectif, elle est égale à 2,5 fois le minimum garanti. Avec un minimum garanti de 4,35 € depuis le 1er juin 2026, cela donne environ 10,88 € par jour. Le minimum garanti étant revalorisé en cours d’année, le montant change avec lui : recalculez-le à chaque mise à jour de paie.

La branche couvre l’ensemble des entreprises dont l’activité principale relève du paysage, en métropole comme dans les DOM. Le code APE le plus courant est le 81.30Z, mais c’est l’activité réellement exercée qui compte. Une entreprise de paysage qui fait aussi de la maçonnerie reste couverte tant que le paysage est son activité principale.

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Source : convention collective nationale du paysage, page de l’Unep. Le montant du minimum garanti vient de cette page : vérifiez-le sur une source officielle avant de payer.

Convention collective vs accord d’entreprise : quelle différence ?

C’est une question que beaucoup d’employeurs et de salariés se posent. La convention collective nationale du paysage fixe un socle de droits minimum. Selon le thème, un accord collectif d’entreprise peut prévoir des règles différentes de celles de la convention collective : tout dépend de ce que la loi permet pour la matière concernée.

Pour savoir quelle règle s’applique à ta situation, regarde d’abord s’il existe un accord d’entreprise sur le sujet, puis la convention nationale.

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Comment accéder au texte officiel de la convention ?

Pour consulter le texte intégral et ses avenants les plus récents, le réflexe à avoir, c’est de se rendre directement sur Légifrance (legifrance.gouv.fr), le portail officiel du droit français. Il suffit de rechercher « IDCC 7018 » ou « convention collective entreprises du paysage » pour accéder au texte consolidé et à tous les accords de branche associés.

Le ministère du Travail met également à disposition sur son site (travail-emploi.gouv.fr) des informations synthétiques sur la convention et ses mises à jour. C’est très pratique pour avoir une vue d’ensemble rapidement !

Comment est-elle mise à jour ?

La convention collective du paysage est un texte vivant, régulièrement enrichi par des accords de branche négociés entre les partenaires sociaux. Ces accords peuvent porter sur les salaires, le temps de travail, la formation, la prévoyance ou encore la santé au travail.

Qui négocie ces accords ?

Les négociations se déroulent entre les représentants des employeurs (principalement l’UNEP, qui se présente comme la seule organisation professionnelle représentative du paysage reconnue par les pouvoirs publics) et les organisations syndicales représentatives des salariés. Une fois signés et étendus par arrêté ministériel, ces accords s’imposent à toutes les entreprises du champ d’application.

Comment rester informé des évolutions ?

Pour ne pas passer à côté d’une mise à jour importante, tu peux t’abonner aux alertes de Légifrance ou consulter régulièrement le site de l’UNEP. Les cabinets spécialisés en droit du travail et en gestion sociale publient aussi régulièrement des synthèses des nouveaux accords collectifs du secteur.

Tableau récapitulatif des points clés de la convention

Thématique Dispositions principales
Identifiant officiel IDCC 7018
Date de signature 10 octobre 2008
Champ d’application Entreprises d’aménagement paysager (code NAF 81.30Z principalement)
Classification Ouvriers O.1 à O.6, employés E.1 à E.4, techniciens et agents de maîtrise, cadres C à C5 et position D
Congés payés 30 jours ouvrables minimum/an
Prime d’ancienneté Voir le texte de la convention
Organisme de formation Ocapiat
Partenaire employeur UNEP (Union Nationale des Entreprises du Paysage)

Quelles sont les obligations de l’employeur ?

Si tu es employeur dans le secteur du paysage, la convention t’impose plusieurs obligations concrètes. Et autant être clair : les ignorer peut exposer ton entreprise à des redressements URSSAF ou des litiges prud’homaux !

Affichage et information des salariés

Tu dois afficher dans tes locaux les coordonnées de l’inspecteur du travail compétent et informer tes salariés de la convention collective qui leur est applicable. Le nom de la convention doit figurer sur le bulletin de paie de chaque salarié, c’est une obligation légale issue de l’article R3243-1 du Code du travail.

Respect des minima salariaux

Aucun salarié ne peut être rémunéré en dessous du salaire minimum conventionnel correspondant à son niveau de classification. Si le SMIC venait à dépasser un minima conventionnel, c’est le SMIC qui s’applique automatiquement. Les deux planchers se cumulent en faveur du salarié, c’est le principe du droit du travail !

Prévoyance et mutuelle obligatoires

La convention collective du paysage impose la mise en place d’un régime de prévoyance collectif et d’une complémentaire santé pour tous les salariés. Le détail des garanties et des organismes recommandés figure dans le texte de la convention et ses avenants : consulte-le avant de choisir un contrat.

Si tu envisages de créer une entreprise du secteur paysager, que ce soit en tant que société par actions simplifiée (SAS) ou sous une autre forme, il est crucial de prévoir dès le départ la mise en conformité avec la convention collective. Cela concerne notamment la mise en place des dispositifs de prévoyance et de mutuelle dès l’embauche de vos premiers salariés.

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La convention collective du paysage face aux autres conventions du secteur agricole

Le secteur du paysage est parfois confondu avec d’autres branches proches, comme la convention collective de la production agricole ou celle des coopératives agricoles. La différence est pourtant nette : la convention du paysage s’adresse spécifiquement aux entreprises dont l’activité principale est l’aménagement et l’entretien des espaces verts à des fins ornementales ou fonctionnelles, et non à la production végétale à des fins alimentaires.

Si tu as un doute sur la convention applicable à ton entreprise, le code APE (ou NAF) attribué par l’INSEE est le premier critère à vérifier. En cas d’ambiguïté, l’inspection du travail ou un conseiller juridique spécialisé peuvent t’aider à trancher. 🎯

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Droits et recours en cas de litige

Malgré les dispositions claires de la convention, des conflits peuvent survenir entre employeurs et salariés. Comprendre tes droits et les voies de recours disponibles est essentiel pour protéger ta situation professionnelle.

En cas de désaccord sur l’application de la convention, par exemple, si tu estimes que ton salaire ne respecte pas les minima conventionnels ou que tes congés ne sont pas correctement comptabilisés, la première étape consiste à tenter une résolution amiable avec ton employeur. Dans certains cas, notamment après une altercation au travail, la situation peut devenir conflictuelle. Dans ces circonstances, tu peux consulter les ressources disponibles sur comment quitter son poste après une altercation pour comprendre tes options.

Si la médiation échoue, tu peux saisir le conseil de prud’hommes compétent. C’est une juridiction gratuite et accessible qui tranche les litiges individuels entre employeurs et salariés. L’inspection du travail peut aussi être contactée pour un renseignement préalable, c’est gratuit et confidentiel ! Elle peut également intervenir en cas de non-respect manifeste de la convention par un employeur.

Il est important de noter que certains employeurs, malheureusement, essaient parfois de contourner les obligations légales en proposant des arrangements informels. Ne sois pas dupe : les droits garantis par la convention collective ne peuvent pas être supprimés par un simple accord verbal. Ils sont d’ordre public.

Sécurité de l’emploi et protection du salarié

La convention collective prévoit également des protections importantes en matière de stabilité de l’emploi. Bien que le secteur du paysage soit souvent saisonnier, les salariés bénéficient des mêmes protections contre le licenciement que dans les autres secteurs. Un licenciement doit respecter une procédure stricte et nécessite une cause réelle et sérieuse.

Dans certains contextes difficiles, par exemple, lors d’un licenciement économique, des protections particulières s’appliquent. Par exemple, dans le cas d’un licenciement économique, le maintien du salaire pendant certaines périodes peut être négocié ou prévu par accord collectif. Ces dispositions vont souvent au-delà des minima légaux et représentent une véritable sécurité pour les salariés du secteur.

FAQ : Les questions fréquentes sur la convention collective du paysage

Quels sont les métiers couverts par la convention collective du paysage ?

La convention collective IDCC 7018 s’applique aux métiers de l’aménagement et de l’entretien des espaces verts : paysagistes, jardiniers, techniciens d’espaces verts, chefs d’équipe, conducteurs d’engins, et cadres du secteur. Elle concerne aussi les entreprises spécialisées en fleurissement urbain, terrassement végétal, ou gestion de parcs. L’Unep compte 33 550 entreprises du paysage en France.

Quel est le numéro IDCC de la convention collective du paysage ?

Le numéro d’identification officiel est le 7018. C’est ce code qu’il faut utiliser pour retrouver la convention et ses avenants sur Légifrance.

Comment vérifier si mon entreprise applique bien la convention collective du paysage ?

Vérifiez d’abord le code NAF de votre entreprise (81.30Z pour les services d’aménagement paysager). Consultez ensuite votre bulletin de paie : la mention « Convention collective nationale des entreprises du paysage (IDCC 7018) » doit y figurer. L\’inspection du travail ou les syndicats peuvent aussi confirmer son application.

Quelles sont les indemnités spécifiques prévues par la convention collective du paysage ?

Outre la prime d’ancienneté, la convention prévoit des indemnités de déplacement et une indemnité de panier, égale à 2,5 fois le minimum garanti lorsque le salarié est en déplacement et que le trajet compte comme du temps de travail effectif. Les montants évoluent avec le minimum garanti : vérifie la valeur en vigueur.

La convention collective du paysage prévoit-elle des dispositions pour le télétravail ?

Aucune disposition spécifique au télétravail n’est mentionnée dans la convention. Cependant, les règles générales du Code du travail s’appliquent : accord entre employeur et salarié ou charte, droit à la déconnexion, et prise en charge des frais professionnels. Un accord d’entreprise peut compléter ces mesures.

La convention s’applique-t-elle aux auto-entrepreneurs paysagistes ?

Non. La convention collective s’applique uniquement dans le cadre d’une relation salariale. Les travailleurs indépendants, auto-entrepreneurs ou artisans ne sont pas couverts par ce texte.

Que faire en cas de litige avec son employeur sur l’application de la convention ?

En cas de désaccord, la première étape est de tenter une résolution amiable en interne. Si ça ne fonctionne pas, tu peux saisir le conseil de prud’hommes compétent. L’inspection du travail peut aussi être contactée pour un renseignement préalable, c’est gratuit et confidentiel !

Quels sont les organismes paritaires compétents pour la convention collective du paysage ?

L’UNEP (Union Nationale des Entreprises du Paysage) représente les employeurs, tandis que les organisations syndicales représentatives défendent les salariés. Ocapiat gère la formation professionnelle.

La convention est-elle régulièrement mise à jour ?

Oui, et c’est une bonne chose ! Des accords de branche viennent régulièrement compléter ou modifier certaines dispositions, notamment sur les salaires. Il faut donc toujours vérifier la version consolidée disponible sur Légifrance plutôt que de se fier à une version téléchargée ancienne. 👍