✓ Les infos à retenir
- Le PSE est obligatoire dans toute entreprise d’au moins 50 salariés qui envisage de licencier au moins 10 salariés sur une période de 30 jours pour motif économique
- Les indemnités PSE bénéficient d’une exonération fiscale et de charges sociales jusqu’à environ 92 736 € (référence PASS actuel)
- Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) permet de percevoir 75 % du salaire brut pendant 12 mois en cumulé avec le PSE
- La procédure PSE dure minimum 2 à 4 mois selon la taille du projet, avec consultation obligatoire du Comité Social et Économique
- Un PSE peut inclure un congé de reclassement de 4 à 12 mois, des formations financées et des indemnités supra-légales
Qu’est-ce qu’un PSE ?
Le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) est un dispositif légal encadré par le Code du travail français, principalement par les articles L. 1233-61 et suivants. Son objectif : limiter le nombre de licenciements économiques dans les grandes entreprises, et accompagner les salariés qui ne peuvent pas être reclassés en interne.
Concrètement, le PSE regroupe un ensemble de mesures obligatoires que l’employeur doit proposer aux salariés concernés par une suppression de poste. Il peut inclure des offres de reclassement interne, des aides à la mobilité, des formations, une aide à la création d’entreprise, ou encore des indemnités supra-légales.
💡 Le PSE est obligatoire dans toute entreprise d’au moins 50 salariés qui envisage de licencier au moins 10 salariés sur une période de 30 jours pour motif économique.

Qui est concerné par un PSE ?
Tous les salariés ne sont pas automatiquement visés par un PSE. Le dispositif s’applique aux employés dont le poste est supprimé dans le cadre d’une restructuration, d’une réorganisation ou d’une cessation partielle d’activité.
C’est l’employeur qui définit les salariés licenciés selon des critères d’ordre de licenciement fixés par la loi ou par accord collectif : les charges de famille, l’ancienneté dans l’entreprise, la situation des salariés présentant des caractéristiques sociales rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile, et les qualités professionnelles.
Ces critères doivent être appliqués de manière transparente et équitable. Le Comité Social et Économique (CSE) est consulté à chaque étape du processus — c’est une obligation légale incontournable.
Le PSE est-il avantageux pour le salarié ?
Bonne question, et la réponse n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Le PSE présente des avantages réels pour les salariés concernés, mais aussi quelques inconvénients qu’il vaut mieux connaître avant d’accepter ou de contester le dispositif.
Les avantages du PSE
Le premier atout du PSE, c’est financier. Les indemnités proposées dans le cadre d’un PSE sont généralement supérieures aux indemnités légales de licenciement. On parle d’indemnités dites « supra-légales » qui viennent s’ajouter à ce que la loi impose déjà.
Autre avantage non négligeable : la fiscalité. Les indemnités PSE bénéficient d’une exonération fiscale et de charges sociales dans certaines limites fixées par l’administration fiscale française. C’est un avantage concret et immédiat pour le salarié.
Le PSE ouvre aussi droit à un accompagnement structuré : formations financées, bilan de compétences, aide à la reconversion professionnelle, voire un congé de reclassement rémunéré pouvant aller jusqu’à 12 mois selon la taille de l’entreprise.
Les inconvénients du PSE
Le revers de la médaille existe. Le PSE peut être vécu comme une procédure longue et anxiogène : les négociations entre la direction, les représentants du personnel et la DREETS (Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités) peuvent durer plusieurs mois.
De plus, les offres de reclassement interne proposées peuvent être peu adaptées au profil ou aux souhaits du salarié. Refuser sans motif légitime peut avoir des conséquences sur le versement de certaines aides. Et si le PSE est contesté en justice, la procédure peut s’étirer dans le temps sans garantie de résultat.
Enfin, certains salariés se retrouvent dans une position inconfortable : accepter un reclassement qui ne leur convient pas, ou prendre le risque d’un licenciement avec moins d’avantages. Ce n’est pas toujours simple à trancher !

Comment le PSE est-il mis en place ?
La procédure de mise en place d’un PSE suit un cadre légal strict. Il existe deux voies principales : l’accord collectif majoritaire négocié avec les organisations syndicales représentatives, ou la décision unilatérale de l’employeur (DUE) dans un document qu’il soumet à la DREETS.
La voie de l’accord collectif
C’est la voie privilégiée. L’employeur négocie avec les syndicats pour définir le contenu du PSE : mesures de reclassement, montant des indemnités, critères d’ordre des licenciements, etc. Un accord signé par des syndicats représentant plus de 50 % des suffrages est ensuite transmis à la DREETS pour validation.
La décision unilatérale de l’employeur
Si aucun accord n’est trouvé, l’employeur peut rédiger seul le document PSE et le soumettre à la DREETS pour homologation. La DREETS dispose de 21 jours pour valider ou rejeter le document. En cas de rejet, l’employeur doit revoir sa copie.
Dans les deux cas, le CSE doit être consulté au moins deux fois : une première fois sur le projet de restructuration, une seconde fois sur le projet de PSE. Cette consultation est un droit fondamental des représentants du personnel.

Quelles aides propose un PSE ?
Les indemnités financières
Les salariés licenciés dans le cadre d’un PSE perçoivent au minimum l’indemnité légale de licenciement calculée selon leur ancienneté et leur salaire de référence. Mais dans la grande majorité des PSE, des indemnités supra-légales viennent s’y ajouter — parfois plusieurs mois de salaire supplémentaires.
Ces montants varient selon les accords négociés dans chaque entreprise. Dans certains grands groupes comme Renault, Air France ou PSA (aujourd’hui Stellantis), des PSE ont proposé des indemnités particulièrement généreuses lors de plans de restructuration massifs.
Le congé de reclassement
Dans les entreprises de plus de 1 000 salariés, un congé de reclassement est obligatoire. Il peut durer entre 4 et 12 mois, parfois plus selon l’accord collectif. Pendant cette période, le salarié est accompagné par une cellule de reclassement externe, financée par l’employeur, pour construire son projet professionnel.
Les aides à la reconversion et à la formation
Le PSE prévoit souvent la prise en charge totale de formations qualifiantes ou certifiantes. Le financement formation PSE peut couvrir des bilans de compétences, des VAE (Validation des Acquis de l’Expérience), ou des formations longues dans un nouveau secteur d’activité.
Ces formations sont financées par l’employeur, ce qui permet au salarié de se former sans puiser dans son Compte Personnel de Formation (CPF) — même si les deux dispositifs sont cumulables dans certains cas !
Quelles sont les aides cumulables avec le PSE ?
Le PSE n’exclut pas d’autres dispositifs d’accompagnement. Voici les principaux que tu peux combiner :
- Le CSP (Contrat de Sécurisation Professionnelle) : proposé obligatoirement par France Travail dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, il offre une allocation supérieure à l’ARE classique (75 % du salaire brut) et un accompagnement renforcé pendant 12 mois.
- Le CPF (Compte Personnel de Formation) : tes droits à formation restent utilisables pendant et après le PSE, en complément des formations financées par l’employeur.
- L’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) : si tu n’adhères pas au CSP, tu peux percevoir les allocations chômage classiques versées par France Travail, selon tes droits ouverts.
✅ Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) est l’un des dispositifs les plus avantageux cumulables avec le PSE dans les entreprises de moins de 1 000 salariés : il permet de percevoir 75 % du salaire brut pendant 12 mois tout en bénéficiant d’un accompagnement personnalisé.
Quels métiers envisager après un PSE ?
Un PSE, c’est souvent un tournant professionnel. Et ce tournant peut être une vraie opportunité si tu le prépares bien. Plusieurs secteurs recrutent activement et offrent de bonnes perspectives de reconversion après un PSE.
Voici un aperçu comparatif des secteurs porteurs selon les données de France Travail et du Ministère du Travail :
| Secteur | Métiers porteurs | Durée de formation estimée |
|---|---|---|
| Numérique & IT | Développeur web, data analyst, chef de projet digital | 3 à 12 mois |
| Santé & médico-social | Aide-soignant, infirmier, accompagnant éducatif | 6 à 36 mois |
| Transition énergétique | Technicien en énergies renouvelables, auditeur énergétique | 6 à 18 mois |
| Logistique & transport | Gestionnaire de stock, conducteur SPL | 1 à 6 mois |
Le congé de reclassement, lorsqu’il est proposé, est le moment idéal pour identifier ces nouvelles pistes. L’accompagnement par une cellule de reclassement externe peut vraiment faire la différence dans la construction d’un nouveau projet professionnel !
Questions fréquentes sur le PSE
Quelle est la durée d’un PSE ?
La durée de la procédure PSE varie selon la taille du projet de licenciement. Pour un projet concernant moins de 100 salariés, la durée minimale de consultation du CSE est de 2 mois. Entre 100 et 249 salariés : 3 mois. Au-delà de 250 salariés : 4 mois. Ces délais s’entendent hors négociation d’accord collectif, qui peut rallonger la procédure.
Le PSE a-t-il un impact sur la retraite ?
Les périodes de chômage indemnisé après un PSE peuvent ouvrir des droits à la retraite, sous conditions. Chaque période de 50 jours d’indemnisation chômage valide un trimestre de retraite dans la limite de 4 trimestres par an. C’est un point souvent méconnu, mais très utile à savoir !
Peut-on refuser un PSE ?
Techniquement, un salarié ne peut pas « refuser » le PSE en tant que tel — c’est une décision qui relève de l’employeur. En revanche, il peut refuser les offres de reclassement interne proposées. Attention : un refus sans motif légitime peut être qualifié de licenciement pour cause réelle et sérieuse et peut réduire les droits aux indemnités dans certains cas.
Peut-on contester un PSE ?
Oui, et c’est un droit ! La contestation d’un PSE se fait devant le Tribunal Administratif dans un délai de 2 mois suivant la validation ou l’homologation par la DREETS. Les salariés peuvent également saisir le Conseil de Prud’hommes pour contester les conditions individuelles de leur licenciement, indépendamment de la procédure collective.
Que contient le bilan d’un PSE ?
L’employeur a l’obligation de remettre à la DREETS un bilan du PSE à l’issue du dispositif. Ce document retrace les actions menées, les reclassements effectués, les formations engagées, et le devenir des salariés licenciés. C’est un outil de contrôle de l’efficacité réelle du plan mis en place.
Quelle différence entre PSE et licenciement économique classique ?
Sans PSE, le salarié licencié pour motif économique bénéficie uniquement des indemnités légales minimales et d’un accompagnement plus limité. Le PSE apporte une couche supplémentaire d’obligations pour l’employeur : indemnités majorées, accompagnement structuré, cellule de reclassement, formations financées. C’est une protection significativement plus forte pour le salarié !
Les indemnités PSE sont-elles imposables ?
Les indemnités versées dans le cadre d’un PSE bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu et de charges sociales, dans la limite du montant le plus élevé entre : 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit environ 92 736 € en référence au PASS actuel, ou le montant de l’indemnité légale ou conventionnelle. Au-delà de ce plafond, les sommes sont soumises à l’impôt et aux cotisations sociales.
Un salarié en arrêt maladie peut-il être inclus dans un PSE ?
Oui, un salarié en arrêt maladie peut être concerné par un PSE, mais son licenciement ne peut intervenir qu’après la fin de son arrêt. La DREETS vérifie que les critères d’ordre (ancienneté, charges de famille) sont respectés. En cas de licenciement économique, il perçoit les mêmes indemnités que les autres salariés, y compris les supra-légales.
Quelle est la différence entre un PSE et un Plan de Départ Volontaire (PDV) ?
Un PDV repose sur l’adhésion volontaire des salariés, sans licenciement forcé. Le PSE, lui, combine départs volontaires et licenciements économiques. Le PDV évite les contentieux, mais ne garantit pas le nombre de départs. Un PSE peut inclure un PDV, mais l’employeur doit proposer des mesures de reclassement et des indemnités majorées.
Le PSE s’applique-t-il aux entreprises en redressement ou liquidation judiciaire ?
Oui, mais avec des modalités adaptées. En redressement judiciaire, le PSE doit être validé par le tribunal de commerce. En liquidation, l’administrateur judiciaire peut proposer un PSE simplifié, souvent avec des indemnités réduites. Les salariés conservent leurs droits au CSP ou à l’ARE.
Peut-on cumuler un PSE avec une rupture conventionnelle collective (RCC) ?
Non, ces dispositifs sont mutuellement exclusifs. Une RCC, validée par la DREETS, vise des départs volontaires sans licenciement. Un PSE, lui, inclut des suppressions de postes. Une entreprise peut proposer une RCC avant un PSE, mais pas les deux simultanément. Les indemnités de RCC sont souvent inférieures à celles d’un PSE.
Quels recours si l’employeur ne respecte pas les mesures du PSE ?
Le salarié peut saisir le Conseil de prud’hommes pour contester son licenciement ou demander des dommages et intérêts. La DREETS peut aussi sanctionner l’employeur pour non-respect du PSE. En cas de manquement grave (ex : absence de reclassement), le licenciement peut être requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse.



